Extrait de Bray sur Somme et ses environs par l’abbé Paul Decuguy publié en 1844 par la société des antiquaires de Picardie.
  • Depuis moins d’un siècle, les rôles ont bien changé. Autrefois, TREUX était la cure au doyenné d’Albert et MERICOURT  l’annexe; c’est le contraire aujourd’hui où cette dernière localité a beaucoup plus d’importance.
  • En 987, l’autel de Méricourt l’Abbé fût donné à l’abbaye de Corbie par GAUTIER, comte d’Amiens, en indemnité des dommages qu’il avait causé à ce monastère. Le produit de cet autelage devait être appliqué à l’encens et au luminaire de l’église Saint Pierre des religieux.
  • Ce village, comme le suivant, ne paraît pas remonter au-delà du VIII siècle et il en est distingué, comme beaucoup de possessions analogues, par le mot l’abbé, parce que son église et une partie de son domaine appartenaient à l’abbaye de Corbie.  L’étymologie de ce nom de lieu n’est pas bien certaine. On pourrait la rechercher comme un homonyme , Méricourt sur Somme, dans l’ancien mot meirin : maire, ou méra :  marais, car Méricourt l’Abbé se trouve dans la Vallée d’Ancre, à  8 kms d’ALBERT et à extrémité Ouest de l’arrondissement. Un écrivain de notre époque le fait dériver de méderici cortis, habitation de Médéric, ou Merry, nom propre assez en usage dès le VII siècle. Il en résulterait que ces deux villages auraient une origine un peu plus ancienne. Ils sont cités sous les diverses dénominations de Mérincurtis en 1114, puis Méricurtis, Mérincourt en 1228, Mélincourt en 1205, Méricourt en  1275 et 1331, et enfin Méricourt l’Abbé en 1487.
  • En 1273, la même abbaye acheta tout ce que possédait Méricourt, Jean Chevalier, seigneur de Poulainville. En 1260, ce dernier avait reconnu qu’il tenait en fief et hommage de Gui de Châtillon, comte de Saint Paul, l’avouerie, la justice, le sang, la merlée, l’estrauve, le rapt, le feu, le meurdre, et tout ce qui appartenait à haute justice dans Méricourt.
  • On trouve aussi la bibliothèque Impériale, en date de Mars 1228, une lettre du comte de Saint Paul, relative à ,l’avouerie sur les marais situés entre Méricourt et Bonnay dont lui-même et le seigneur de Heilly avaient fait la concession à l’église de Corbie,  puis un titre de Juin 1437 concernant un procès entre les chapelains de notre Dame d’Amiens et Pierre Hamelot, sur leurs possessions de Méricourt l’Abbé.
  • L’église, avec sa petite tour, n’est qu’une ancienne chapelle dédiée à saint-Hilaire Elle était chargée de trois messes par semaine, avec un revenu de 200 livres en 1736 et 147 livres en 1772. Le  P. Daire(écclésiastique et doïenné de Fouilloy) en attribue le patronage aux personnes de Treux dont elle dépendait, et l’ancien Pouillé diocésain, à l’archidiacre d’Amiens , en imputant à sa fabrique particulière 108 livres de revenu. L’abbé de Corbie,  l’université des chapelains de la cathédrale, et le châtelain d’Heilly se partagèrent la seigneurie de Méricourt, où le P. Daire ne cite que 200 habitants.  Au siècle dernier, D. Grenier énumère différents fiefs mouvant de Corbie à Méricourt et autres lieux.
  •  C’est un de ces fiefs sans doute que possédait Wast Waroquier, seigneur de la Motte et de Méricourt, lieutenant de  50 hommes d’armes, tué au siège de Saint-Pol après 44 ans de services pendant lesquels il prit par à 10 batailles et à plus de cent sièges. Il avait été inhumé en 1537 dans l’église de l’abbaye Saint-Michel de Doullens. D’après l’histoire de cette ville, page 300, il y eut aussi un écrivain héraldique nommé »Waroquier de Méricourt » .
  • Entre Méricourt et Heilly, vers le Sud, s’élevait une forteresse destinée à défendre le passage de la rivière d’Ancre.